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Yourte dans la vie des Kirghiz

 

La yourte est une demeure traditionnelle des peuples nomades de l’Asie Centrale, y compris les Kirghiz. On peut trouver des yourtes de l’Anatolie (Turquie) à la Mongolie et il est impossible de dire laquelle des tribus anciennes nomades a élaboré son aspect traditionnel. Il est clair pourtant, que c’est une construction très ancienne.

Bien que simple par sa structure, la yourte existe en variantes différentes qu’on retrouve à travers toute la région centrasiatique. La yourte kirghize, par exemple, est plus haute que celle kazakhe qui a un toit plus plat et une dimension moins grande.
La yourte est encore en usage des gens à travers toute la région et joue un rôle important dans le mode de vie du berger kirghiz (tchabane). Et, malgré l’apparition ou bien la disparition des styles architecturaux et de la planification des villes, la yourte reste un lien solide et durable avec le passé.
Un artisan habile peut confectionner une yourte pendant un mois et celle-ci peut servir pendant les décennies. La yourte est installée sans aucun clou.                  
Aux temps anciens le khan, s’il voulait apprendre le nombre de ses sujets, n’avait qu’à compter les « tutunes » (ou courants de fumée sortant de yourtes). Ce mot est utilisé même à présent pour compter le nombre de ménages dans des villages kirghiz, même si les villageois vivent dans des maisons des villages modernes.
Une famille, pour fabriquer une yourte, a besoin de 130 ou 170 kg de laine. Pour s’assurer de moyens fondamentaux de base, une famille doit avoir un troupeau  contenant au moins 33 moutons.
Les «koïtchumans» (éleveurs du bétail) montent normalement leurs yourtes à l’éminence d’où il leur est facile d’avoir l’œil sur leurs troupeaux et observer le monde environnant. On peut aussi voir les yourtes dans les vallées près des rivières montagneuses. En automne et en hiver on préférait les monter aux endroits calmes sans chutes de neige abondantes.
Les Kirghiz appellent la yourte «boz uї» – la maison grise. En haute antiquité les nomades ordinaires ne pouvaient pas se permettre d’utiliser le feutre de qualité supérieure pour couvrir leurs yourtes; c’est pourquoi on utilisait les restes du lainage noir ou gris. Les yourtes des khans étaient couvrées du feutre blanc comme neige et s’appelaient «ak-orgo» ou les yourtes blanches. Autrefois le bien-être du propriétaire de la yourte s’estimait par sa dimension – plus de kanates avait la yourte, plus riche était la famille. La yourte de khan pouvait comprendre 4 ou 5 kanates – ou environ 20 mètres de circonférence. Les yourtes de dimension moyenne peuvent se composer de 5-6 sections et atteindre 5 mètres de diamètre et environ 3 mètres de hauteur.
Dans la yourte la journée commence bien avant le lever du soleil. À cette heure les femmes préparent le petit déjeuner et mettent le repas dans des sacs pour les hommes qui vont conduire leur troupeau au pâturage. Après avoir envoyé les hommes au pâturage, les femmes se mettent aux occupations ménagères. Les garçons se mettaient à la selle juste après avoir appris à marcher. Les filles apprenaient à préparer le repas, à broder, à fabriquer des arabesques traditionnelles qui devaient orner des chirdaks, des ala-kiiz, ou des touche-kiiz (tapis en feutre). Ces « tapis » étaient mis aux murs ou sur le plancher. Ils avaient une destination non seulement pratique (garder la chaleur dans le demeure), mais aussi une fonction esthétique. Les arabesques reflètent  les couleurs et les formes que l’on peut voir dans la nature – richesse de colories et fragilité de pétales de fleurs ; aigles aux ailes fièrement courbées ; chatoiements du ciel bleu.

Bien que beaucoup de kirghiz habite maintenant dans les appartements des immeubles ils ont de la sympathie particulière pour la yourte. Souvent à l’occasion de l’anniversaire la yourte est installée et les hôtes sont invités pour dastorkone – régalade de fête. La yourte est aussi un lieu où les kirghiz se rassemblent pendant les funérailles de leurs parents.